Josaphat
Transformer un site ferroviaire enclavé en un lieu vivant
Le site Josaphat, situé à la frontière entre Schaerbeek et Evere, correspond en partie à une ancienne gare de triage ferroviaire mise en service en 1926 et exploitée jusqu’en 1994, année de cessation de ses activités. Après sa désaffectation, ce terrain de 22 ha, qui constitue l’une des dernières réserves foncières régionales, a été acquis par la Région de Bruxelles-Capitale via la SAU.
Le site se déploie de part et d’autre des voies ferrées : environ 10 ha se situent à l’ouest, tandis que les 12 ha restants s’étendent à l’est. Cette partie accueille une zone d’industrie urbaine, toujours en activité, ainsi que des équipements sportifs.
Redynamiser la zone d’industrie urbaine
Du côté est des voies ferroviaires, la zone d’industrie urbaine fait objet d’un projet de modernisation et de densification en sa partie centrale. En 2024, la SAU en a transféré la gestion à Citydev, qui collabore étroitement avec les entreprises présentes sur le site. Deux d’entre elles ont déposé en 2025 une demande de permis d’urbanisme pour construire et/ou agrandir leurs installations.
Les réseaux d’impétrants ainsi que les espaces publics de la ZIU seront réaménagés. L’avant-projet est en cours d’élaboration sous la maîtrise d’ouvrage de Beliris. La demande de permis d’urbanisme devrait être introduite fin 2026.
Maintenir une l’offre en équipements sportifs
Les installations sportives se situent sur la partie sud-est du site. Sur les terrains régionaux se trouve notamment le club de tennis Set Wahis, entreprise familiale reconnue pour la qualité de son encadrement des jeunes et la formation des joueurs de haut niveau.
Créer un nouveau quartier durable
Du côté sud-ouest des voies de chemin de fer, le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale a confié en 2016 à la SAU la mission de lancer un marché conjoint avec les sociétés publiques de logement afin d’urbaniser une partie du site. Cette initiative a marqué le début d’une procédure de « dialogue compétitif » à la fois innovante et complexe.
À côté d’espaces sanctuarisés dédiés à la protection de la biodiversité, le projet vise à développer un nouveau quartier durable. Celui-ci intégrera des espaces verts accessibles au public, une offre mixte de logements, des commerces de proximité, ainsi que des équipements tels qu’une école et une crèche, sans oublier de petits locaux destinés aux activités professionnelles. L’ensemble se veut exemplaire sur le plan environnemental, avec des exigences dépassant les normes régionales.
La création de nouveaux espaces verts, dans une zone partiellement déficitaire en la matière, offrira aux habitants de Schaerbeek et d’Evere des lieux de détente et de convivialité.
Porté par le consortium Eiffage/AXA, le projet prévoit la réalisation de 509 logements, dont 52 % de logements publics : 135 logements sociaux locatifs (27 %), 23 logements modérés acquisitifs sur foncier démembré (4 %) et 105 logements moyens subsidiés sur foncier démembré (25 %).
La demande de permis de lotir est actuellement en cours d’instruction.
La recherche d’un équilibre entre urbanisation et protection de la nature
A son acquisition, le site présentait une faible qualité environnementale. Sa dépollution partielle par la SNCB et la plantation d’une prairie fleurie par la SAU ont conduit à le faire évoluer vers ce que nous connaissons aujourd’hui.
La biodiversité est au cœur des préoccupations. Le projet faisant objet de la demande de permis de lotir garantit non seulement la sanctuarisation d’une partie considérable du site mais prévoit également dans la partie urbanisée de nombreux aménagements qui favoriseront le maintien et le développement de la biodiversité.
La surface urbanisée, qu’il s’agisse de la zone de bâtisse ou des voiries, fera l’objet d’une gestion intégrée des eaux pluviales assurant zéro rejet des eaux pluviales à l’égout, jusque et y compris en cas de pluies centennales. Cette gestion intégrée se fera grâce à la création de milieux humides (mares et noues d’infiltration), favorisant une flore et une faune diversifiées et par l’implantation de voiries infiltrantes. Toutes les espèces végétales plantées seront indigènes et les espaces verts seront gérés pour préserver la faune présente sur le site, notamment les insectes. L’éclairage public, modulable, limitera la pollution lumineuse afin de protéger les chauves-souris qui occupent les lieux. Enfin, l’usage de matériaux recyclés et écologiques réduira l’empreinte carbone du projet. Le bâti et ses abords seront équipés de dispositifs d’accueil des espèces qui nichent, se reproduisent ou s’abritent dans la construction.
Des occupations temporaires pour activer le site
Dans l’attente de la concrétisation des projets, la SAU soutient des occupations temporaires du site, notamment par la mise à disposition de terrains à des habitants et collectifs locaux, qui y développent des potagers, des activités sportives ou des promenades d’observation de la nature, ainsi que par l’ouverture ponctuelle du site à différents publics, dont des étudiants souhaitant découvrir les lieux et le projet.
Ces initiatives animent et sécurisent ce site fort enclavé par sa configuration géographique.
Le saviez-vous ?
Le dialogue compétitif est particulièrement adapté aux projets d’envergure ou innovants, où les solutions ne sont pas standardisées. Il s’agit d’une procédure de marché public qui permet aux autorités contractantes de dialoguer avec plusieurs candidats sélectionnés avant de fixer définitivement les spécifications du marché. Elle favorise des solutions optimisées grâce aux échanges avec les candidats et assure une meilleure prise en compte des contraintes techniques, économiques et juridiques avant la passation du marché. Plus résiliente que les procédures classiques de marchés publics, elle permet de s’adapter à l’évolution de la planification.
Rôle de la SAU
La SAU intervient à deux niveaux dans le développement du site Josaphat : d’une part, elle développe des projets intégrés d’urbanisation du site associant les opérateurs publics sectoriels du logement ; d’autre part, elle coordonne, facilite et au besoin assiste les différents pouvoirs publics appelés à intervenir sur le site pour leur propre compte.
Partenaires
Citydev, SLRB, Fonds du Logement, Eiffage-Axa, Beliris, Commune de Schaerbeek.
En quelques chiffres
130.600 m²: espaces ouverts accessibles au public ou sanctuarisés pour la biodiversité
42.740 m²: surface des terrains dédiés à l’industrie urbaine
48.913 m²: surface des terrains dédiés aux équipements sportifs et scolaires
15.400 m²: superficie de plancher des bureaux, commerces et Horeca
Project managers
- Juana BASTOS